Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'école autrichienne d'économie, la dynamique de l'économie.

manuel d'economie

La théorie de l'entrepreneur

19 Août 2020 , Rédigé par Le blog autrichien Publié dans #Manuel d'économie

Chapitre 5

La théorie de l'entrepreneur

 

Ce nouveau chapitre du petit manuel d'économie s'intéresse à cette figure mythique de l'économie : l'entrepreneur !

 

Pour ce nouveau chapitre de notre petit manuel d'économie, passons maintenant à une figure centrale de l'actualité économique, mise en valeur, mise en avant, je veux parler de la figure de l'entrepreneur ! Aujourd'hui, on met en avant les Steve Jobs et Steve Wozniak, fondateurs d'Apple, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook. On pourrait remonter à William Hewlett et David Packard, fondateurs dans les années 40 de Hewlett-Packard, du côté de Palo Alto, là où allait se développer la célèbre Silicon Valley, et son savoir faire pour lancer de nouvelles entreprises. L'entrepreneur apparaît comme le moteur de l'économie.

 

Pourtant, dans la plupart des théories économiques, il n'occupe pas une place centrale, en tout cas pas une place de moteur de l'économie. Il est une action extérieure. Ainsi, la théorie de l'entrepreneur la plus couramment acceptée est celle de Schumpeter, et sa célèbre destruction créatrice.

 

Schumpeter

Schumpeter part d'une économie stable, circulaire (dans le sens où les cycles se répètent). A chaque cycle, les entreprises investissent le même montant, produisent les mêmes produits, et vendent la même quantité. Schumpeter s'inscrit dans l'état d'équilibre général. L'économie est à l'équilibre, il y a le plein emploi.

 

L'entrepreneur apparaît alors comme un perturbateur. L'entrepreneur schumpétérien apporte une innovation. Une innovation, dans le sens schumpétérien, peut être un nouveau produit, un nouveau processus de production, un nouveau marché, ou plusieurs de ces éléments. Ainsi, entrer dans un nouveau marché à l'exportation est une innovation. Lancer un nouveau produit, qui apporte quelque chose qui n'existait pas. Ou fabriquer différemment.

 

Pour investir, l'entrepreneur a recourt au crédit, car c'est le seul moyen d'avoir une ressource en dehors du cycle normal de production. Le nouveau produit remplace un ancien. Un nouveau processus de fabrication rend une entreprise plus compétitive. Un nouveau marché également. Il se produit une destruction créatrice. Des entreprises disparaissent, car elles n'ont pas suivi le mouvement, d'autres apparaissent.

 

Les innovations introduites par les entrepreneurs élèvent en quelque sorte le niveau de l'économie. Dans la terminologie de la théorie néo-classique, on dit que l'optimum que peut atteindre le système économique est passé à un niveau supérieur. Le niveau de vie est augmenté.

 

L'entrepreneur est donc le moteur de l'évolution économique, le moteur du progrès. Mais il est extérieur au processus économique. C'est un choc externe. C'est la caractéristique de la théorie économique moderne. Ainsi, pour Robert Lucas, les cycles économiques s'expliquent également par des chocs externes.

 

L'entrepreneur et l'échange

Reprenons maintenant notre fil conducteur, qui est l'échange. Nous avons vu que les premiers à étudier l'économie ont en fait étudié le développement des échanges commerciaux. Car l'économie, c'est l'échange. Nous avons vu pourquoi il y avait échange. Nous échangeons parce que ce que nous recevons vaut plus que ce que nous donnons. Ce qu'on appelle aujourd'hui un jeu à somme positive, car chacun reçoit plus qu'il ne donne. Enfin, nous avons vu la théorie marginale de la valeur, et le prix. Nous avons chacun notre échelle de valeur, subjective. La valeur est subjective. Le prix naît de l'échange.

 

L'économie est ainsi un vaste système d'échange. On peut remarquer que, pour échanger, certains engagent de gros moyens. Par exemple, pour mettre sur le marché un smartphone, il faut d'abord investir en recherche, acheter les composants, sous-traiter des fabrications, sans même savoir si le produit va se vendre. Il y a des frais qui sont engagés, sans connaître les gains qui seront apportés par le produit. Il y a une incertitude. Il y a un risque.

 

Nous avons là une définition de l'entrepreneur. L'entrepreneur agit aujourd'hui pour des résultats incertains dans le futur. Ludwig von Mises considère même que le terme de promoteur aurait été plus approprié. Jesus Huerta de Soto écrit ainsi :

 

« (...) on pourrait affirmer qu'exerce la fonction d'entrepreneur toute personne agissant en vue de modifier le présent et d'atteindre ses objectifs dans le futur (...) »

(L'école autrichienne)

 

La notion de risque, d'incertitude, est le fondement de l'entrepreneuriat. Notion de risque qui est inhérent à la notion de temps. L'entrepreneur investit de l'argent pour des gains futurs, nécessairement incertains. Ensuite, on peut souligner d'autres caractéristiques. Ainsi, Mises écrit :

 

« Ainsi chaque fonction est nettement intégrée : l'entrepreneur gagne des profits ou supporte des pertes ; les possesseurs de moyens de production (capitaux ou terre) gagnent l'intérêt originaire ; les travailleurs gagnent des salaires. Dans ce sens, nous élaborons la construction imaginaire d'une distribution fonctionnelle en tant que différente de la distribution historique de fait»

(L'action humaine)

 

Israel Kirzner développera les écrits de Mises en inventant le concept d'alertness, le fait d'être en alerte. L'entrepreneur repère les occasions.

 

L'entrepreneur, un rôle très large

La notion d'entrepreneur est ainsi plus large, et réaliste, que celle de Schumpeter. Examinons-en les implications. Il y a bien sûr celui qui investit dans un nouveau produit. Il le met sur le marché, à ses risques et périls. Les entrepreneurs peuvent donc introduire de nouveaux produits, investir dans de nouveaux systèmes de production, ou investir pour vendre sur un nouveau marché. Les fonctions de l'entrepreneur de Schumpeter sont comprises dans l'entrepreneur au sens de l'école autrichienne d'économie. Sauf qu'il n'y a pas forcément destruction. Ce qu'apporte l'entrepreneur sur le marché ne remplace pas nécessairement quelque chose qui y était déjà proposé. Rien, dans le raisonnement, ne l'implique. Même si rien ne l'empêche, et il y a des produits ou des modes de production qui supplantent d'anciennes pratiques.

 

L'entrepreneur a également un rôle dans la fixation des prix. En effet, comment les prix peuvent-ils s'égaliser au sein d'un territoire ? Nous avons vu les les transactions étaient d'abord décidées entre deux échangeurs. Puis, si les transactions se multiplient, les gens communiquent antre eux, et un prix communément admis peut apparaître. Mais cela n'est possible que dans un milieu où les gens se connaissent. Il peut y avoir une grande disparité de prix entre deux provinces. Dans ce cas, l'entrepreneur va acheter dans une province, pour revendre plus cher dans une autre. Ce qui va finir par égaliser les prix dans les deux provinces.

Nous voyons là comment se forme concrètement les prix. Aujourd'hui, sur un marché unifié, une entreprise va lancer son produit au même prix partout, car elle sait que sinon certains achèteront des produits pour les revendre plus chers. On remarque cependant que les détaillants s'adaptent à leur clientèle et peuvent pratiquer des prix plus élevés dans les quartiers aisés.

Tout le monde peut avoir un jour une attitude d'entrepreneur. Ainsi, quelqu'un qui investit dans une formation, dans le but d'obtenir un emploi mieux rémunéré, agit en tant qu'entrepreneur. Sachant que la notion d'entrepreneur est un concept. On peut agir en tant qu'entrepreneur un jour, et être habituellement un salarié (nous reviendrons plus tard sur la notion de concept en économie, ou d'idéal-type pour reprendre la terminologie de von Mises). La notion clef, c'est le temps. Mettre en oeuvre des moyens aujourd'hui pour un gain incertain plus tard implique la prise de risque.

 

L'histoire de l'entrepreneur

Finissons ce chapitre par un peu d'histoire. L'entrepreneur n'est pas intégré à la théorie économique aujourd'hui, sauf pour l'école autrichienne d'économie. Pourtant, il apparaît très tôt dans cette théorie économique. C'est Richard Cantillon, dans le premier traité d'économie connu, Essai sur la nature du commerce en général, paru en 1755, qui donne un rôle à l'entrepreneur :

 

« Tous les habitants d’un État peuvent se diviser en deux classes, savoir en entrepreneurs, et en gens à gages ; les entrepreneurs sont comme à gages incertains, et tous les autres à gages certains pour le temps qu’ils en jouissent, bien que leurs fonctions et leur rang soient très disproportionnés. Le général qui a une paie, le courtisan qui a une pension, et le domestique qui a des gages, tombent sous cette dernière espèce. Tous les autres sont entrepreneurs, soit qu’ils s’établissent avec un fond pour conduire leur entreprise, soit qu’ils soient entrepreneurs de leur propre travail sans aucun fonds, et ils peuvent être considérés comme vivant à l’incertain ; les gueux même et les voleurs sont des entrepreneurs de cette classe. »

(Cité par Benoît Malbranque de l'Institut Coppet)

 

Richard Cantillon était un irlandais naturalisé français, considéré comme faisant parti de l'école française d'économie. Cette école a mis l'entrepreneur à l'honneur. Ainsi, Jean-Baptiste Say considérait l'entrepreneur comme une sorte d'organisateur, qui mettait en œuvre les moyens de productions.

 

Par contre, l'école britannique n'intégrait pas l'entrepreneur. Ainsi, Adam Smith, et à sa suite David Ricardo, ne considérait que l'apporteur de capital. Sans la notion de prise de risque, sans la notion d'organisateur. Ensuite, Walras, a vidé l'entrepreneur de sa substance. Il part de l'entrepreneur individuel, mais pour un simple calcul de maximisation. Et ne parlons pas de la macroéconomie. Elle ne considère que les agrégats : demande globale, offre globale, dépense publique. Uniquement des notions quantitatives. L'entrepreneur y est inexistant. L'être humain y est inexistant.

 

L'entrepreneur est ainsi au centre de la dynamique de l'économie. Il n'y a pas forcément de destruction créatrice. Il n'y a pas forcément innovation : l'entrepreneur peut simplement reprendre une idée qui semble marcher. La notion centrale est le risque. L'entrepreneur met en œuvre des moyens. Il subit un coût. Pour mettre sur le marché un bien, un service, une compétence, pour échanger quelque chose, dont le produit est incertain.

(Voir aussi l'histoire du mot entrepreneur ici )

 

Lire la suite

ECHANGE, VALEUR ET PRIX

17 Juillet 2020 , Rédigé par Le blog autrichien Publié dans #Manuel d'économie

Echange, valeur et prix

 

Quatrième chapitre du petit manuel d'économie. Comme je l'indiquais par ailleurs, les chapitres sont amenés à évoluer. Il est probable que les deux premiers seront fondus en un seul chapitre. Aujourd'hui, nous poursuivons notre étude de l'échange. En abordant la notion de valeur, et de formation du prix.

 

Nous avons vu que l'économie, c'est l'échange. Il y a échange, car comme l'écrit Ludwig von Mises dans L'action humaine :

 

« chacun des échangistes évalue ce qu’il reçoit plus haut que ce qu’il abandonne »

 

Si j'échange une épée contre des pierres, c'est que j'ai plus besoin des pierres que de l'épée. Puis l'échange indirect se développe. J'échange l'épée contre de la monnaie pour acheter quelque chose dont j'ai plus besoin que de l'épée, ou pour me constituer une réserve de précaution.

 

Valeur subjective

Allons au bout de la logique. Nous constatons donc que, dans un troc, l'évaluation des produits est différente pour les échangeurs. La valeur donnée aux produits n'est pas la même. Si j'échange une épée contre des pierres, c'est parce que, pour moi, les pierres ont plus de valeur que l'épée. Inversement pour mon co-échangeur. Pour lui, l'épée a plus de valeur que les pierres qu'il donne en échange.

 

Cela signifie que la valeur est subjective. Nous accordons chacun une valeur à ce que nous possédons, ce que nous produisons. Nous l'échangeons contre quelque chose qui a plus de valeur.

 

Evidemment, pour échanger, il faut convenir d'un prix. On marchande, et on définit un prix. Le prix, c'est les conditions de l'échange. les termes de l'échange. Tant de pierre contre une épée. Tant de monnaie contre une épée.

 

Il y a donc une différence entre valeur et prix. La valeur est subjective. Elle n'est pas intrinsèque à un objet, un service. Le prix, c'est le rapport d'échange.

 

Petite histoire de la valeur.

Curieusement, les premiers auteurs à être reconnus comme économistes, Adam Smith et David Ricardo, ont recherché une valeur intrinsèque aux produits. Ainsi, Adam Smith considère qu’il existe un prix naturel.


 

Le « prix naturel » dune marchandise correspond à ce qu’il faut payer pour produire, préparer et conduire cette denrée au marché et est fonction du taux naturel employé.

(Corentin de Salle, La tradition de la liberté, tome 2.)


 

Cela sans nier qu’il existe un prix de marché :


 

Le « prix du marché » d’une marchandise est le prix auquel une marchandise se vend communément. Il peut être inférieur, égal ou supérieur au prix naturel. Ce prix n’est autre que le rapport entre la quantité de cette marchandise existant actuellement sur le marché et les demandes de ceux qui sont disposés à en payer le prix naturel.

(Corentin de Salle, La tradition de la liberté, tome 2.)


 

Les économistes classiques recherchent donc une valeur naturelle, que l’on qualifie également d’intrinsèque, car elle est partie du produit lui même. C’est la valeur de ce qui est nécessaire pour produire le produit. Essentiellement le valeur travail. Ce qui fait la valeur, c’est le travail qui est incorporé à un produit.


 

Ce prix inclut les profits même si,dans le langage courant, on différencie ce dernier du prix primitif de la marchandise. On inclut le profit car, sans ce dernier, le vendeur n’aurait aucun intérêt à la vendre et emploierait autrement son capital. Son profit constitue son revenu, le fonds dont il tire sa subsistance. Cela ne correspond pas au prix le plus bas auquel un vendeur peut occasionnellement céder sa marchandise mais c’est bien le plus bas qu’il peut exiger s’il exerce son métier sur une période relativement étendue, à moins évidemment de jouir d’une parfaite liberté et d’être en mesure de changer de métier comme il lui plaît.

(Corentin de Salle, La tradition de la liberté, tome 2.)


 

Il y a donc une recherche d’une valeur intrinsèque, qui correspondrait à la quantité de travail qui serait incluse dans un produit. En distinguant un prix de marché.


 

Une théorie curieuse

Cette théorie est curieuse, car elle est en contradiction avec les précédentes réflexions sur les prix. Les scolastiques espagnols,notamment, avait une théorie subjective de la valeur. Par exemple, Luis Molina expliquait, au 14 ème siècle :


 

« La valeur-utilité d'un bien particulier n'est pas fixée entre les gens ou par le passage du temps. Elle dépend de l'évaluation individuelle et de la disponibilité. Cette théorie explique aussi certains aspects singuliers des biens de luxe. Par exemple, pourquoi une perle, "qui peut seulement être utilisé pour décorer", serait plus onéreuse que les grains, le vin, la viande, ou les chevaux ? Il apparaît que toutes ces choses sont plus utiles qu'une perle et qu'elles sont certainement plus "nobles". Comme Molina l'a expliqué, l'évaluation est faite par les individus, et "nous pouvons conclure que le prix juste pour une perle repose sur le fait que certains hommes voulaient lui accorder de la valeur en tant qu'objet de décoration" »

(Llewellyn H. Rockwell, Jr., fondateur et président du Mises Institute à Auburn, Alabama, et éditeur de LewRockwell.com.)


 

La valeur travail a été reprise, d’une manière radicalisée, par Marx. Dans ses écrits, la valeur vient uniquement du travail, et les travailleurs étaient exploités car ils ne bénéficiaient pas de toute la valeur.

 

La théorie marginale de la valeur.

La recherche d'une valeur intrinsèque posait aussi un problème : pourquoi l'eau, bien plus utile que le diamant, s'échange-t-elle à un prix inférieur à celui du diamant. La réponse, une fois encore, vient en examinant le processus d'échange.

 

Nous avons constaté que la valeur était subjective. Chacun accorde une valeur différente à un produit. Les produits peuvent avoir différents usages, plus ou moins importants. L'eau, par exemple, se boit, et elle est indispensable à la vie. On s'en sert pour irriguer les cultures, pour se laver, pour laver sa maison, laver la vaisselle, remplir la piscine, remplir le pistolet à eau du petit dernier.

 

Evidemment, chacun de ces usages n'a pas la même importance. Chaque individu classe les usages en fonction de leur utilité pour lui même. Nous pouvons concevoir que boire pour vivre arrive en tête. Ensuite, si quelqu'un a un champ, l'irrigation sera plus importante pour lui que pour celui qui n'en a pas. De même, si quelqu'un a une piscine.

 

Continuons le raisonnement. Si la quantité d'eau disponible est à peine nécessaire pour boire, c'est l'utilité première qui est à peine satisfaite. Une utilité qui a une grande valeur. Donc, pour celui qui manque d'eau pour boire, l'eau aura une grande valeur, et il sera près à en donner un prix élevé.

 

Inversement, si l'eau est tellement abondante que le pistolet à eau peut être rempli, quelle sera la valeur de l'eau ? Le fait de remplir un pistolet à eau n'a pas une grande utilité. Donc pas une grande valeur. Donc le prix offert pour l'eau ne sera pas élevé.

 

Chacun classe les différentes utilités d'un produit, ou d'un service. Si le produit est tellement abondant que la dernière utilité peut être satisfaite, la valeur, et le prix offert, seront faibles. C'est ce qu'on appelle la valeur marginale. La valeur accordé à un produit dépend de la dernière utilité satisfaite. A contrario, le diamant est tellement rare que la simple utilisation comme bijou se négocie à un prix élevé.

 

Soulignons au passage, toujours, la subjectivité de la valeur. Certains ne jurent que par Apple et ses I-phone. D'autres, utilisateurs d'Androïd, se marrent en soulignant que leur smartphone est moins cher, et parfois en avance (ce que n'admettront pas les fans d'Apple). La valeur est subjective, et le prix qui s'impose pour un produit ou un service n'est pas un prix objectif accepté par tous.

 

Marginalisme et école autrichienne

L'école autrichienne est née avec la théorie marginale de la valeur. En effet, Carl Menger, fondateur de ce courant, est considéré comme un des trois co-découvreurs de la valeur marginale, en 1871, avec William Stanley Jevons, la même année, et Léon Walras en 1874 (l'information circulait moins vite en ce temps, surtout quand les écrits étaient dans des langues différentes).

 

Cependant, il y a une grande différence entre Menger et ses collègues. Menger développe une théorie de la valeur subjective. Les deux autres auteurs considèrent que le prix de marché est un prix objectif, donc correspond à la valeur du produit. Pour Menger, la valeur est subjective, chacun n'accordant pas la même valeur à un produit, ou un service. Le prix reflète les termes de l'échange, pas la valeur. Pour Jevons et Walras, il n'y a pas de distinction entre prix et valeur.

 

De l'échange naît le prix

Nous avons d'abord constaté que, l'économie, c'est l'échange. En analysant l'échange, nous constatons que la valeur est subjective. C'est même la condition de l'échange. On échange un produit car on obtient quelque chose qui vaut plus à nos yeux. Et le prix est négocié lors de l'échange. Il représente les termes de l'échange. Tout découle de l'échange. Maintenant, comment le prix d'un produit peut-il s'unifier ? C'est ce que nous verrons avec le concept d'entrepreneur.

Lire la suite

L'économie c'est l'échange

13 Juin 2020 , Rédigé par Le blog autrichien Publié dans #Manuel d'économie

L'économie c'est l'échange.

 

Voici le troisième chapitre de notre petit manuel d'économie. Après l'introduction, et le chapitre sur l'origine de l'économie, nous allons voir aujourd'hui que, l'économie, c'est l'échange.

 

Dans un premier chapitre, nous avons présenté les difficultés que rencontrent quelqu'un qui veut s'initier à l'économie. Puis, nous nous sommes posés la question de l'origine de l'économie : pourquoi cette nouvelle matière est-elle apparue ? Pourquoi cette nouvelle science. Nous avons tout simplement recherché ce qu'elle étudiait. Nous avons vu que c'est le développement du commerce et de la prospérité qui a suscité un intérêt qui a mené à l'émergence de l'économie. Le commerce, c'est l'échange. Un auteur a explicité le lien entre échange et prospérité. C'est Jean-Baptiste Say. Il écrit :

 

"L’homme dont l’industrie s’applique à donner de la valeur aux choses en leur créant un usage quelconque, ne peut espérer que cette valeur sera appréciée et payée que là où d’autres hommes auront les moyens d’en faire l’acquisition. Ces moyens, en quoi consistent-ils ? En d’autres valeurs, d’autres produits, fruits de leur industrie, de leurs capitaux, de leurs terres : d’où il résulte, quoiqu’au premier aperçu cela semble un paradoxe, que c’est la production qui ouvre des débouchés aux produits."

(Traité d'économie politique)

 

Qu'est-ce que cela peut bien signifier ? Nous allons ici examiner ce qu'est l'échange. Et, en déroulant le fil de l'échange, nous verrons que, l'échange, c'est l'économie.

 

L'échange, qu'est-ce que c'est ?

Analysons l'échange de base, c'est-à-dire le troc, avant de passer à l'échange plus moderne, qui implique la monnaie. Donc, qu'est-ce qui se passe dans un troc ? J'ai un talent, je sais fabriquer des épées. Bon, une épée, ça peut servir. Deux épées, si la première se casse, pourquoi pas. Mais, une multitude d'épées, cela ne me servira pas à grand chose. Alors je vais chercher à échanger ce que je sais faire, des épées, contre quelque chose qui me sera utile. Par exemple, j'ai besoin d'agrandir ma maison. Je vais échanger une épée contre des pierres.

 

Evidemment, je peux faire cet échange car un tailleur de pierre de ma connaissance a besoin, ou envie, d'une épée. Lui, des pierres, il en taille bien au-delà de sa propre consommation. Et, il a besoin d'une épée. Ce que l'on constate, c'est que le fabricant d'épées, et le tailleur de pierres, échangent tous deux quelque chose qui leur est moins utile contre quelque chose qui leur est plus utile. Chacun est gagnant dans l'échange. Le fabricant d'épée a plus besoin des pierres que de l'épée qu'il échange. Le tailleur de pierres a plus besoin de de l'épée que des pierres qu'il échange.

 

Dans l'échange, chacun trouve un bénéfice. Et c'est parce qu'il y a un bénéfice mutuel, qu'il y a échange. En langage moderne, on parle d'un jeu à somme positive, pour montrer que toutes les parties y gagnent.

 

Echange et monnaie.

Nous avons décrit ce qu'on appelle le troc, un échange d'un bien contre un autre bien. Introduisons maintenant la monnaie. En effet, il est difficile pour un fabricant d'épées de trouver quelqu'un qui a besoin d'une épée, et qui peut donner en échange un produit dont lui-même a besoin. Or, il se trouve que certains produits deviennent peu à peu acceptés par tout le monde lors d'un échange. On n'a pas forcement besoin de ces produits, mais on sait qu'on pourra facilement les échanger contre ce dont nous avons besoin, ou aurons besoin. Ces produits deviennent ce qu'on appelle une monnaie.

 

Différents biens ont servi de monnaie. Il y a eu le bétail par exemple. D'une façon naturelle, pourrait-on dire, les métaux précieux se sont imposés, et, au final, l'or. L'or a les qualités pour être partout accepté comme monnaie. Il est donc devenu une monnaie. Chacun va  accepter d'échanger un produit contre une quantité d'or. Nous voyons que nous avons là l'échange monétaire.

 

Echange et monnaie crédit.

Voyons un nouveau cas d'échange, en introduisant le concept de monnaie crédit. Monsieur Alphonse vend un service à Monsieur Bernard. Monsieur Bernard lui donne en échange une reconnaissance de dette. Monsieur Alphonse va à la banque et escompte la reconnaissance de dette. C'est-à-dire qu'il échange la reconnaissance de dette contre de la monnaie. N'oublions pas que les banques ont été des comptoirs d'escompte. On suppose pour cette exemple, limité à trois échangistes, qu'il n'y a pas d'intérêts. Avec l'argent obtenu, monsieur Alphonse achète un service à monsieur Claude. Qui lui même, avec l'argent, achète un service à monsieur Bernard. Qui, avec l'argent obtenu, paie sa reconnaissance de dette à la banque.

 

Nous venons de décrire tout un circuit économique. Notons qu'à chaque fois qu'il y a eu échange de service, il y a eu augmentation de ce qu'on appelle aujourd'hui le PIB, produit intérieur brut. En effet, ce qu'on appelle PIB, c'est la valeur ajoutée. C'est l'augmentation de valeur d'un produit ou d'un service à chaque échange. Sans monnaie au départ, nous avons donc décrit le PIB. La loi de Say décrit donc le PIB. Et le PIB découle de l'échange.

 

Aujourd'hui, les échanges peuvent être aussi simples ou plus élaborés : des entreprises qui mettent en œuvre de gros moyens pour vendre des produits. Mais, cela reste des échanges : un produit, ou un service, contre de la monnaie.

 

La loi de Say

C'est ce qu'on appelle parfois la loi de Say, ou loi des débouchés. Un chapitre du traité d'économie de Jean-Baptiste Say s'intitule : "Des débouchés". Il y décrit le processus des échanges, soulignant que "les produits s'échangent contre des produits". On soulignera que Say intégrait aussi les services dans son raisonnement, de manière extraordinairement moderne pour son époque.

 

Say soulignait que les endroits prospères, en l'occurrence les villes, étaient ceux où il y avait une multitude d'échangeurs. Chacun proposait quelque chose à échanger. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui un marché. Say soulignait que ce n'était pas le manque d'argent qui déprimait l'économie. C'était le manque d'échangeur. Car il faut avoir quelque chose à échanger pour se procurer une marchandise ou un produit.

 

La loi de Say est malheureusement mal interprétée de nos jours, par la faute de John Maynard Keynes. On la résume par la formule "l'offre crée sa propre demande", ce qui est complètement faux. La loi de Say, c'est juste l'échange.

 

L'économie, la science de l'échange.

C'est d'ailleurs pourquoi pour Ludwig von Mises, figure de l'école autrichienne d'économie, la loi de Say n'est pas une loi. C'est juste un préambule, qui sert à démontrer la fausseté des vieilles croyances qui consistent à dire que quand les affaires vont mal, c'est qu'il y a un manque d'argent. Pour Mises, l'économie c'est l'échange, c'est une évidence. C'est ainsi qu'il appelle la science économie la catallactique, science de l'échange.

 

Nous avons vu que tout découle de l'échange en économie. Une évidence oubliée par bien des économistes, mais pas par l'école autrichienne d'économie. C'est de l'échange que vient le PIB. C'est de l'échange que vient le prix aussi. En analysant le processus d'échange, nous allons déterminer la théorie de la valeur et des prix.

 

Lire la suite

D'où vient l'économie ?

5 Juin 2020 , Rédigé par Le blog autrichien Publié dans #Manuel d'économie

D'où vient l'économie ?

 

Nouveau chapitre de ce manuel d'économie. Après le chapitre introductif, nous allons nous poser la question: d'où vient l'économie ?

 

L'économie est une science récente. Rien à voir avec la géométrie, par exemple, qui existe depuis l'Antiquité. Même si on peut trouver dans les écrits de cette époque des notions qui se rapportent à ce que nous appelons aujourd'hui économie, il n'y a pas de théorie économique. Comme l’écrit Ludwig von Mises :

 

" L'économie est la plus jeune de toutes les sciences. Dans les deux cents dernières années, il est vrai, nombre de sciences nouvelles ont émergé des disciplines familières aux anciens Grecs. Toutefois, ce qui s'est produit là fut simplement que des parties du savoir, qui avaient déjà trouvé leur place dans le complexe du vieux système des connaissances, accédèrent à l'autonomie. "1


 

C'est pourquoi il est intéressant de se poser la question : pourquoi cette nouvelle science est-elle apparue ? Plus précisément, quel phénomène nouveau a pu impliquer l’émergence de cette science ? Ce qui permettra d’approcher l’objet d’étude de la science économique.

 

La première approche moderne de ce qui est aujourd’hui l’économie est à mettre au crédit des scolastiques du seizième siècle, plus précisément l’école de Salamanque. Selon Lew Rockwell, fondateur du Mises Institute :

 

" Parce que le droit naturel et la raison sont des idées universelles, le projet scolastique était de rechercher des lois universelles qui régissent la façon dont le monde fonctionne. Et bien que l’économie n’était pas considérée comme une discipline à part entière, ces chercheurs ont été amenés au raisonnement économique comme un moyen d’expliquer le monde qui les entourait. Ils ont cherché des régularités dans l’ordre social et ont fait reposer les normes catholiques de justice sur ces régularités."2

 

Ces scolastiques recherchaient des régularités. Ce qui est appelé des lois économiques de nos jours. Ils faisaient donc un véritable travail de théorisation, sans que la matière théorisée soit nommée. Lew Rockwell ajoute :

 

"Si les cités italiennes ont commencé la Renaissance au XVe siècle, c’est au cours du seizième que l’Espagne et le Portugal ont exploré le monde nouveau, et qu’ils sont apparus comme des centres du commerce et de l’activité économique."

 

Nous voyons ce qui a suscité ces réflexions économiques : le développement du commerce. Les scolastiques étaient des religieux. Ils étaient un peu les intellectuels du XVIè siècle. On leur posait des questions sur les évolutions de la société. Notamment, on leur demandait si les actions étaient justes. On s’interrogeait sur le commerce, par rapport à la religion.


 

On peut noter au passage l’extraordinaire modernité des écrits des scolastiques. Comme par exemple, Luis de Molina (1535-1601), qui avait une théorie de la valeur proche de la théorie actuelle, comme le souligne Lew Rockwell :


 

" Parmi tous les penseurs de sa génération favorables au libre marché, Molina était le plus pur dans sa vision de la valeur économique. Comme les autres scolastiques de la dernière génération, il convenait que les marchandises n’étaient pas valorisés « selon leur noblesse ou la perfection », mais selon « leur capacité à servir l’utilité humaine ». Il en a d’ailleurs donné un exemple convaincant. Les rats, de par leur nature, sont plus « nobles » (plus haut dans la hiérarchie de la création) que le blé. Mais les rats « ne sont pas estimés ou appréciés par les hommes », car « ils ne sont d’aucune utilité quelle qu’elle soit ». "


 

Le commerce, c’est aussi le titre du premier livre d’économie : Essai sur la nature du commerce en général, de Richard Cantillon (1680-1734). Ecrit en 1730, le manuscrit circulait clandestinement, avant une première édition en 1755, après la mort de l’auteur donc. C’est un ouvrage encore une fois précurseur. Cantillon y définit le concept d’entrepreneur, rien de moins. Il y décrit aussi le concept d’inflation, avec ce qu’on appelle encore aujourd’hui l’effet Cantillon. A nouveau donc, on retrouve le commerce dans le titre de l’ouvrage.


 

L'ouvrage qui est considéré officiellement comme le premier livre d'économie n'est cependant pas celui de Richard Cantillon. L'Essai sur la nature du commerce en général a sans doute eu une parution trop rocambolesque, et pas suffisamment connue, pour être reconnu à l'époque. C'est le célèbre livre d'Adam Smith (1723-1790), Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, qui a cet honneur. Ce livre est par ailleurs paru l'année de l'Independence Day des USA, en 1776, ce qui renforce son aura.


 

Il y a dans le titre le terme richesse. C'est la période de la révolution industrielle. C'est une période d'augmentation de la prospérité. Smith s'interroge donc sur l'origine de cette richesse. Un autre grand économiste, le français Jean-Baptiste Say (1767 - 1832) donnera d'ailleurs comme sous titre à son Traité d'économie politique :


 

" Simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses. "


 

L'expression " simple exposition " montre que Say ne fait qu'observer des phénomènes. Il ne cherche pas à créer une politique économique. De même que les scolastiques, de même qu'Adam Smith. Tous ces auteurs ne font qu'observer, que constater, les phénomènes que nous qualifions aujourd'hui d'économique. Ainsi Adam Smith est célèbre pour son expression de "main invisible". Il ne faisait qu'un constat : là où le commerce et l'industrie sont libres, la prospérité de tous se développe.


 

L'étude de l'économie est donc née de l'apparition d'un phénomène : le développement du commerce, et le développement de la prospérité dans certains pays. On s'interroge sur le caractère du commerce, et l'origine de la prospérité. L'ouvrage de Cantillon étant précurseur, liant plus que Smith commerce et prospérité, de même que Jean-Baptiste Say. C'est Jean-Baptiste Say d'ailleurs qui, le premier, va explicitement lier l'échange, c'est-à-dire le commerce, à la prospérité, à la richesse des nations comme dirait Smith. Ce que nous allons développer dans le prochain chapitre.


 


 


 

1 L’Action Humaine, Ludwig von Mises

Lire la suite

L'économie, c'est passionnant !

1 Juin 2020 , Rédigé par Le blog autrichien Publié dans #Manuel d'économie

Vous vous intéressez à l’économie. Vous voulez comprendre l’économie, comprendre comment elle fonctionne. Vous voulez vous intéresser à la science économique, pour votre culture personnelle, ou en tant que citoyen électeur, voulant faire les bons choix au moment de voter. Bon courage !

 

Une promenade dans les rayons d’une librairie peut laisser perplexe. Ce qui est nommé le rayon économie s’apparente plutôt au rayon opinions. On y dénonce la finance, l’économie de marché, chacun y expose sa vérité pour changer le monde. Quant aux livres qui paraissent plus sérieux, ils sont à destination des étudiants le plus souvent, et traitent directement de macroéconomie ou de la politique monétaire, ce qui est peu parlant pour le néophyte. De plus, ils sont truffés de modèles mathématiques qui peuvent rebuter.

 

Il y a aussi l’éventail des théories qui peut intriguer. Comment une science peut-elle avoir des théories aussi différentes, et même opposées ? Est-ce vraiment un domaine scientifique, au vu de toutes ces contradictions ? Chaque auteur avançant des arguments se voulant scientifiques, bien sûr.

 

Enfin, quelle définition donner pour l’économie ? Car il y en a plusieurs. La définition étymologique, qui nous apprend que le mot vient du grec ancien oikonoma, gestion de la maison. Lionel Robbins a popularisé la notion de science qui étudie l'allocation de biens rares à des fins alternatives. Les économistes s’interrogent-ils sur ce qu’ils étudient, d’ailleurs ? Certains vont dire qu’ils observent l’économie, d’autres qu’il faut bâtir l’économie.

 

Je vais ici me lancer dans un défi hors normes : écrire un manuel d’économie. Je le fais à travers ce blog, ce qui est aussi une manière pour moi de réfléchir en écrivant. Les articles pourront être peaufinés, réécrits. Je vais également utiliser la matière d’anciens articles, qui seront effacés ensuite.

 

En préambule, jouons cartes sur table. Je suis un disciple de l’école autrichienne d’économie, le courant qui s’est développé à la suite de Carl Menger, et dont la référence est Ludwig von Mises. Je ne crois pas à la neutralité en économie. Quand on lit un livre traitant d’économie, il faut toujours s’interroger sur le courant idéologique auquel appartient l’auteur. Même si le livre se prétend neutre, l’auteur est influencé par son idéologie. Derrière des statistiques qui se veulent le reflet de la réalité peut se cacher un pur raisonnement marxiste sur la concentration des moyens de production.

 

Comment s’y retrouver, comment juger d’une théorie économique ? En appliquant les règles de base. Juger de la cohérence interne de la théorie. De sa cohérence externe, c’est-à-dire de son caractère explicatif. Comparer les théories. L’économie exige une réflexion personnelle. Nous aborderons d’ailleurs ce qu’on appelle l’épistémologie, la science de la science en quelque sorte. Nous aborderons la méthodologie en économie.

 

Tout cela, le plus simplement du monde. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément. Je me souviens, il y a près de vingt ans, avoir discuté dans la halle du salon aéronautique du Bourget plutôt consacrée aux professionnels, avec un ingénieur proche de la retraite. Il savait m’expliquer les choses simplement, à moi qui voyait ces machines merveilleuses comme des engins de fiction. Eloignons-nous du jargon. Le jargon sera employé, mais expliqué, et le moins possible. D’ailleurs, le grand économistes français Jean-Baptiste Say disait que, quand nous connaîtrions bien l’économie, un manuel se résumerait à quelques principes simples. C’est aussi un des objectifs de ce manuel : expliquer comme sont nées des méthodologies, montrer les raisonnements derrière des théories très mathématiques.

 

Nous commencerons par nous interroger : l’économie, qu’est-ce que c’est ? Nous ne réinventerons pas le fil à couper le beurre pour y répondre. Nous allons commencer par nous interroger sur l’émergence de cette discipline, l’économie. En effet, c’est une discipline récente. Pourquoi est-elle apparue, quelles sont les interrogations qui ont mené à son émergence ? En clair : quel était le sujet de ces questions ? Qu’est-ce qu’on a voulu étudier ? Nous en viendrons, tout naturellement, à l’objet de l’économie.

 

Vous allez voir, l’économie, c’est passionnant !

Chapitre 2 : D'où vient l'économie?

Chapitre 3 : L'économie, c'est l'échange.

 

Lire la suite