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L'école autrichienne d'économie, la dynamique de l'économie.

Carl Menger, Les principes d'économie politique, présentation

31 Janvier 2021 , Rédigé par Le Blog Autrichien

2021 est la date anniversaire de la parution des Principes d’économie politique de Carl Menger, ouvrage qui a été le point de départ de l’école autrichienne d’économie. L’occasion de présenter cet ouvrage, qui vient par ailleurs d’être enfin traduit en français, par le professeur Campagnolo, grand spécialiste de Menger.

 

En 1871, il y a tout juste 150 ans, paraissait un livre fondateur pour la science économique : les Principes d’économie politique de Carl Menger. En un seul livre, pas même volumineux, Carl Menger révolutionnait la science économique, ou plutôt il la créait en tant que science, et lançait un nouveau courant, qui sera appelé l’école autrichienne d’économie.

 

Dans cet ouvrage, Carl Menger fait de l’économie une science, ce qu’elle n’était pas véritablement auparavant. Il fait partie également des trois co-découvreurs de la théorie marginale de la valeur. Il y a ajouté la subjectivité. Menger a aussi ajouté la notion de temps dans la théorie économique, et incidemment celle de l’entrepreneur. Enfin, il a introduit la notion d’évolutionnisme des institutions humaines. Voici une brève présentation de ce livre, si riche et fondateur.

 

Les débuts de l’économie

Les principes d’économie politique de Carl Menger ont été publiés en 1871. Dès le 15ème siècle les scolastiques espagnols ont écrit sur ce qu’on appelle aujourd’hui l’économie. C’étaient des théologiens, qui étaient interrogés sur des sujets économiques, car le commerce international se développait. Comme Lew Rocwell, fondateur du Mises Institute l’écrit :

« Si les cités italiennes ont commencé la Renaissance au XVe siècle, c’est au cours du seizième que l’Espagne et le Portugal ont exploré le monde nouveau, et qu’ils sont apparus comme des centres du commerce et de l’activité économique. »

 

Ces auteurs avaient été très loin dans la réflexion économique. Par exemple, Luis de Molina (1535-1601), qui avait une théorie de la valeur proche de la théorie actuelle, comme le souligne Lew Rockwell :

« Parmi tous les penseurs de sa génération favorables au libre marché, Molina était le plus pur dans sa vision de la valeur économique. Comme les autres scolastiques de la dernière génération, il convenait que les marchandises n’étaient pas valorisées « selon leur noblesse ou la perfection », mais selon « leur capacité à servir l’utilité humaine ». Il en a d’ailleurs donné un exemple convaincant. Les rats, de par leur nature, sont plus « nobles » (plus haut dans la hiérarchie de la création) que le blé. Mais les rats « ne sont pas estimés ou appréciés par les hommes », car « ils ne sont d’aucune utilité quelle qu’elle soit ». »

 

En 1776 est paru Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, d’Adam Smith, qui est considéré officiellement comme le premier livre d’économie, et donc son auteur est officiellement considéré comme le premier économiste. Officiellement car le premier livre d’économie est en fait l’Essai sur la nature du commerce en général, de Richard Cantillon (1680-1734). Écrit en 1730, le manuscrit circulait clandestinement, avant une première édition en 1755, après la mort de l’auteur. Des circonstances rocambolesques qui ont fait qu’il n’a pas été reconnu comme le premier ouvrage d’économie.

 

Ainsi, quand l’ouvrage de Menger est paru, l’économie était déjà un sujet d’étude. D’abord sans que la matière soit définie, à l’époque des scolastiques, puis après Smith, avec par exemple Jean-baptiste Say qui, tout en se réclamant de Smith, a considérablement fait progresser la matière. Carl Menger a lui franchi une étape.

 

L’économie comme une science

L’ambition de Menger est dès le départ de faire de l’économie une science. Dans l’avant-propos des Principes, il écrit :

« Nous nous efforcerons dans ce qui suit de rapporter les phénomènes complexes de l’économie humaine aux plus simples d’entre eux qui sont encore des éléments accessibles à des considérations certaines, nous nous efforcerons de mesurer ces éléments conformément à leur nature, et de chercher à établir à nouveaux frais comment les phénomènes économiques complexes se développent selon des lois à partir de leurs parties élémentaires. »

 

La volonté de Menger est d’isoler le comportement économique, pour avoir une théorie qui s’applique à toutes les époques et tous les pays, comme n’importe quelle science. Comme l’écrit Gilles Campagnolo :

« En énonçant ses principes sous la forme d’une théorie générale pure, Menger accomplissait en quelque sorte la véritable « révolution copernicienne » de cette science. »

 

La méthodologie de Menger est toujours d’actualité dans l’école autrichienne d’économie. En cherchant à « rapporter les phénomènes complexes de l’économie humaine aux plus simples d’entre eux qui sont encore des éléments accessibles à des considérations certaines », Menger a pris comme plus petit élément l’individu, et il a construit la théorie économique à partir de l’individu, en tant qu’étude des actions de l’individu comme Ludwig von Mises le précisera. C’est ce qu’on a appelé plus tard l’individualisme méthodologique.

 

L’économie est en effet composée des actions de tous les individus. Bien sûr, il y a des actions collectives. Mais ce sont des individus qui agissent ensemble. Bien sûr, des individus peuvent agir de la même manière en même temps, mais cela reste un ensemble d’actions individuelles. Bien sûr les individus peuvent subir des influences et former un groupe où chacun pense et agit de la même manière. Mais cela reste toujours un ensemble d’actions individuelles. Le plus petit élément en économie, c’est l’individu.

 

L’objet de Carl Menger est d’isoler les lois de l’économie au sein des sciences sociales. C’est une précision importante. En effet, il est souvent reproché aux économistes de tout ramener à l’économie, à l’intérêt individuel. Carl Menger est très précis sur ce point. Dans son ouvrage Recherche sur la méthode dans les sciences sociales et en économie politique en particulier, il écrit :

« Seule la totalité des sciences sociales exactes permettrait de nous faire comprendre de manière exacte les phénomènes sociaux, ou une partie déterminée de ceux-ci, dans leur réalité effective empirique tout entière. »

 

Cette précision sera reprise par Ludwig von Mises dans L’action humaine. Elle est importante car une critique habituelle de la science économique est de dire que celle-ci considère que l’individu ramène tout à un calcul économique, et ignore les autres considérations qui motivent les décisions et les actions d’un individu. Ce qui n’est pas ce que dit l’école autrichienne d’économie. Mises intégrera d’ailleurs l’économie dans une science plus large, la praxéologie, la science de l’action humaine.

 

Enfin, Menger a adopté une démarche aprioriste de l’étude de l’économie, qui restera la marque de l’école autrichienne d’économie. Comme l’écrit le professeur Campagnolo :

« La formulation de lois à partir de concepts formulés a priori distingue la science de toute autre forme de savoir. »

 

Pour Menger, la science économique n’est pas expérimentale. On ne peut pas induire des lois économiques à partir d’expérience. On est obligé de définir des concepts par la réflexion, et d’en déduire des lois. Une méthodologie que Mises systématisera avec l’apriorisme axiomatique. Une fois encore, une des caractéristiques principales de l’école autrichienne d’économie était déjà présente dans les Principes d’économie politique de Menger.

 

La théorie de la valeur et des prix

Carl Menger est surtout connu comme co-découvreur de la théorie marginale de la valeur, avec William Stanley Jevons, la même année, en 1871, et Léon Walras en 1874 (l’information circulait beaucoup moins vite qu’aujourd’hui à l’époque). La théorie classique, issue de Smith, considérait une valeur d’usage et une valeur d’échange. Elle soutenait que la valeur d’échange, soit le prix, à long terme, devait s’approcher de la valeur des intrants, notamment le travail. C’était une théorie de la valeur travail, qui sera radicalisée par Marx. Mais cette théorie, bancale, n’expliquait par le paradoxe de l’eau et du diamant. Pourquoi l’eau, indispensable à la vie, est-elle moins chère que le diamant ?

 

La réponse est qu’on ne choisit pas entre toute l’eau et tous les diamants. Bien sûr, si tel était le cas, on préférerait l’eau. Menger explique que chaque individu classe les usages, ou les utilités, d’un produit, l’eau part exemple, selon ses préférences. Ainsi, l’utilité de l’eau pour boire sera classée en premier. Puis, par exemple, pour se laver. Puis, pour arroser le jardin, quand il ne pleut pas. Et ainsi de suite. La valeur marginale est la valeur de la dernière utilité du produit, l’eau en l’occurrence. Donc, s’il y a suffisamment d’eau pour que l’usage classé en dernier soit satisfait, par exemple remplir le pistolet à eau du petit dernier, la valeur de l’eau sera faible. Par contre, le diamant est tellement rare, que même son premier usage est difficile à satisfaire. Sa valeur sera donc élevée.

 

La fixation du prix

La valeur pour un produit est subjective. Chacun a sa propre échelle de valeur. Le prix est fixé au moment de l’échange. Il constitue les termes de l’échange. Si vous fabriquez des boucliers, vous avez beaucoup trop de boucliers pour vous seul. Vous souhaitez une épée. Vous échangez un bouclier contre une épée. Parce que vous avez plus besoin de l’épée que vous recevez que du bouclier que vous donnez en échange. Et inversement pour celui qui vous échange l’épée. Il fabrique des épées, il a plus besoin du bouclier que de l’épée qu’il vous donne en échange. C’est un échange inégal, dans le sens ou chacun obtient plus qu’il ne donne. En langage moderne, on appelle cet échange un jeu à somme positive, car chacun y gagne.

 

Puis intervient l’échange indirect. On échange quelque chose contre un bien intermédiaire, de l’argent, de la monnaie. Mais le processus est toujours le même. On échange quelque chose, dans le but d’avoir quelque chose dont on a plus besoin. Ou dans le but d’avoir une réserve pour acheter quelque chose dont on aura plus besoin dans l’avenir. Toujours le jeu à somme positive. La multiplication des échanges provoque une égalisation des prix. En effet, si un marchand propose un prix moins élevé, les autres, s’ils le peuvent, s’aligneront. Si les prix sont moins élevés dans une région, un petit malin achètera le produit pour le revendre avec un bénéfice là où le prix est plus élevé, ce qui provoquera à terme une égalisation des prix entre les régions.

Le subjectivisme

L’idée que chaque individu détermine son échelle de valeur a été appelée par la suite subjectivisme. Ce qui est toujours un caractère essentiel de l ‘école autrichienne d’économie. Les autres marginalistes, Jevons et Walras, considéraient le prix comme une donnée objective. L’idée était que le prix était déterminé par l’offre et la demande, comme si un commissaire priseur décidait d’une adjudication. Le prix de marché était ainsi considéré comme une donnée. Ensuite, ce prix était utilisé, comme une donnée, pour déterminer un équilibre de différentes équations. Le subjectivisme est une différence fondamentale entre Menger et les autres marginalistes. Jevons et Walras, les autres co-découvreurs de la théorie marginale de la valeur, donneront naissance au courant néo-classique, qui raisonne en termes d’équilibre. Walras cherchant à déterminer mathématiquement un équilibre général du système économique, Jevons, puis surtout Alfred Marshall, raisonnant plutôt en termes d’équilibres partiels de différents marchés. Ainsi, il y a dès le départ, avec le subjectivisme une différence fondamentale entre Menger et le courant néoclassique, même si la théorie de la valeur a des similitudes. Par la suite, le subjectivisme restera une caractéristique de l’école autrichienne, qui la distingue des autres courants.

 

La théorie de l’entrepreneur

Autre innovation introduite par Menger dans l’économie : le temps. Menger classe les biens en différentes catégories selon leur place dans le processus de production. Un bien du premier ordre sera directement échangé. Un bien du second ordre entrera dans la fabrication d’un bien du premier ordre. De même, un bien du troisième ordre entre dans la fabrication d’un bien du second ordre. Et ainsi de suite. Il y a des biens d’ordre inférieur et supérieur, un même bien pouvant être l’un ou l’autre en fonction de sa place dans le processus de production. Ce processus est aujourd’hui appelé le détour de production. Il y a donc du temps qui s’écoule entre la décision de produire et la vente du bien. Quelqu’un qui décide de lancer la production d’un bien met ainsi en œuvre des moyens pour un résultat différé, il fait un calcul économique, il surveille un processus. C’est là une activité entrepreneuriale. Menger écrit :

« L’activité entrepreneuriale comprend donc :

a) l’information concernant la situation économique ;

b) l’ensemble des opérations comptables que suppose tout processus de production, s’il doit être en tout cas de nature économique – en d’autres termes, c’est le calcul économique ;

c) l’acte de volonté par lequel on consacre à une certaine production déterminée les biens d’ordre supérieur (soit, les biens à titre général dans les conditions d’un commerce assez développé où, en règle générale, chaque bien économique peut être vendu contre d’autres) ;

d) et enfin, la surveillance de la manière la plus économique dont il est possible de conduire le plan de production. »

 

La notion d’entrepreneur a une place singulière dans la théorie économique. Elle est apparue dans le premier ouvrage d’économie, Essai sur la nature du commerce en général, de Richard Cantillon (1680-1734). Écrit en 1730, le manuscrit circulait clandestinement, avant une première édition en 1755, après la mort de l’auteur donc. Mais Adam Smith, auteur donc de ce qui est officiellement considéré comme le premier ouvrage d’économie, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, paru en 1776, n’a pas apporté cette considération à l’entrepreneur. Ce dernier a été remis à l’honneur par Jean-Baptiste Say, notamment dans son Traité d’économie politique dont il a sorti plusieurs éditions au début du 19ème siècle. Aujourd’hui, c’est la théorie de Schumpeter qui est la plus mise en valeur. Une théorie qui s’inspire de l’école autrichienne, Schumpeter en étant en partie issu. Mais qui s’en éloigne largement. Dans la théorie schumpetérienne, c’est moins l’entrepreneur que la notion d’innovation qui est mise en avant. Une innovation permettant à l’équilibre économique d’atteindre un nouvel optimum, supérieur au précédent.

 

En prenant le temps en considération, Carl Menger assoit définitivement la position de l’entrepreneur dan la théorie économique. Comme le soulignera Jesus Huerta de Soto, la notion d’entrepreneur donne un caractère dynamique à l’école autrichienne d’économie, car elle s’inscrit dans le mouvement. Tandis que le courant néoclassique, de Jevons et Walras, raisonne de manière statique en termes d’équilibre.

 

Il est significatif que Menger mette en avant l’acte de volonté de l’entrepreneur. En effet, par la suite, Ludwig von Mises intégrera l’économie dan une science plus large, qu’il appellera la praxéologie, qui est la science de l’action humaine. Action qui suppose volonté, acte de décision. Menger mettait déjà l’accent sur cette notion.

 

Une théorie des institutions

Les Principes de Carl Menger se terminent par un chapitre plutôt original sur l’origine de la monnaie. Menger y décrit comment des marchandises sont devenues de la monnaie. Il décrit que l’échange a engendré la nécessité de trouver une marchandise intermédiaire, qui serait acceptée par tous comme paiement. En effet, l’échange par troc est limité. Il faut trouver quelqu’un qui a le produit que l’on souhaite obtenir, et qui souhaite obtenir le produit que l’on a à lui proposer en échange. Alors des solutions de substitution ont été inventées.

 

Le bétail est ainsi devenu une monnaie d’échange. Car, dans les temps anciens, c’était une marchandise facile à écouler, qui se conservait assez facilement, et qui ne perdait pas de sa valeur. Menger écrit :

« Le bétail est également une marchandise dotée d’une capacité passable à se conserver, et d’un coût d’entretien faible, au point de s’annuler là où les pâturages sont pléthore et où l’on peut garder les animaux à l’extérieur ; dans ces étapes de la civilisation, où tout un chacun aspire à posséder les plus grands troupeaux possibles, le bétail se trouve rarement en excédent quant au total arrivant sur le marché ; ce point également lui est favorable en considération des limites de sa capacité à s’écouler sous les rapports du temps et de la quantité. »

 

Puis la civilisation a évolué, d’autres marchandises se sont imposées, plus adaptées face à l’évolution. Pour un artisan citadin, le bétail, c’est contraignant : il faut du terrain. L’or, c’est beaucoup plus pratique, d’autant que cette matière devenait recherchée. Ainsi l’or s’est imposé comme monnaie.

 

Ce que souligne Menger, c’est une la monnaie est une institution qui n’a été créée par personne. C’est l’utilité qui a provoqué sa création, elle a évolué en fonction des besoins. Menger écrit :

« L’intérêt économique des individus particuliers qui agissent économiquement les conduit donc, par une connaissance accrue de l’intérêt qui est le leur, absolument sans aucun accord comme sans contrainte légale, sans même prendre du tout en considération l’intérêt public, à céder dans l’échange leurs marchandises contre d’autres marchandises plus faciles à écouler, même sans avoir besoin de ces dernières dans le but d’en faire usage immédiatement. Or, parmi les forces majeures qui influencent cette pratique habituelle, il se fait jour un phénomène qu’on doit donc observer en tous lieux au fur et à mesure qu’une civilisation grandit, à savoir qu’un certain nombre de biens – et en vérité ceux qui sont les plus faciles à écouler eu égard au lieu et au moment – sont acceptés en échange par tou un chacun, et qu’ils peuvent également par conséquent s’écouler contre toute autre marchanise ; ce sont ces biens que nos ancêtres ont nommés [Geld] (argent), du verbe [gelten] (valoir) c’est-à-dire « opérer, compter », ce qui vient du fait que, dans notre langue, l’argent signifie tout simplement l’objet avec lequel on compte. »

 

Carl Menger souligne que ces marchandises, ces matières, sont devenues des monnaies sans aucune législation, aucune volonté étatique, aucun contrat, aucune réflexion sur l'intérêt général de ce choix. C'est simplement l'intérêt bien compris de chacun qui a conduit à choisir un bien intermédiaire pour les échange. Et cela s'est produit pour des civilisations n'ayant pas de contacts entre elles, comme la civilisation européenne et la civilisation de ce qui correspond au Mexique aujourd'hui. A chaque fois, c'est la situation du moment et du lieu qui a influencé sur le choix de la marchandise intermédiaire de l'échange : une marchandise susceptible d'être acceptée par tous. C'est juste un besoin qui a conduit à cette solution. Ainsi est née la notion de monnaie.

 

Bien sûr, le prince qui gouvernait est intervenu. La frappe de la monnaie est devenu son privilège. Mais, que valait cette frappe ? Sur les foires du Moyen Âge, c’était les changeurs qui vérifiaient les monnaies. Peu importait la frappe, c’était le poids qui comptait, en fonction de la valeur de marché comme on dirait aujourd’hui.

 

Carl Menger dans ce chapitre lançait en quelque sorte une théorie évolutionniste des institutions. Bien sûr, on ne peut pas présumer de sa volonté de lancer un telle mouvement. Mais les prémices y sont. La monnaie, les règles d’une société, les institutions d’une société, ne sont pas nécessairement le fruit d’une volonté. Elles ne sont pas forcément pensées. Elles peuvent naître de la pratique, de l’usage. Cet évolutionnisme sera développé par la suite par Friedrich Hayek.

 

Un ouvrage d’actualité

Les Principes de Carl Menger sont ainsi un ouvrage incroyablement riche, qui a posé les bases d’un courant économique, l’école autrichienne. Il a mis en valeur des thèmes étonnamment d’actualité aujourd’hui, comme l’entrepreneur, la naissance d’institutions comme la monnaie. Il présente enfin une réflexion sur l’économie, une épistémologie, qui sera complété par Ludwig von Mises. Tout ce qui compose l’école autrichienne d’économie est déjà présent, sous une forme plus ou moins élaborée, dans cet ouvrage. Ces thèmes sont aujourd’hui encore développés, et toujours d’actualité.

 

(Les citations, de Carl Menger comme du professeur Campgnolo, sont issues, sauf indication contraire, de l’ouvrage Principes d’économie politique, de carl Menger, traduit, présenté, et commenté par Gilles Campagnolo.)

L'histoire de l'école autrichienne en vidéo, c'est ici!

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