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L'école autrichienne d'économie, la dynamique de l'économie.

L'effet Cantillon, inflation et inégalités

25 Mai 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

En matière d’inflation, le concept le plus répandu est la notion d’inflation générale des prix. C’est ce qu’on mesure. On considère qu’il y de l’inflation quand tous les prix augmentent simultanément. L’école autrichienne d’économie a une approche différente, et surtout plus réaliste. Ce qu’on appelle l’effet Cantillon.

 

Cette approche provient initialement de Richard Cantillon. Celui-ci est un personnage rocambolesque. Il est né en Irlande vers 1660, et décédé à Londres en 1734 dans un incendie. Quoique la légende veut qu’il ait organisé une fausse mort, en brûlant un corps, pour échapper à ses ennemis. Il a écrit un livre, intitulé Essai sur la nature du commerce en général qui a été publié après sa mort. Ce qui le distingue, c’est aussi qu’il a fait fortune grâce à ses théories.

 

Il est considéré par Murray Rothbard comme le premier économiste, avant Adam Smith. Il est considéré comme l’inventeur du concept d’entrepreneur aussi. C’est une figure oublié des économistes, sauf de l’école autrichienne, qui intègre elle aussi une théorie de l’entrepreneur, ainsi que l’effet Cantillon.

 

Richard Cantillon a fait fortune notamment avec les assignats. Car il savait ce qui allait se produire. Il a étudié les effets de l’arrivée massive d’or en Espagne des colonies d’Amérique. Cet or a provoqué de l’inflation. Mais pas une augmentation générale des prix. L’inflation se diffuse progressivement dans l’économie, à partir de son point d’entrée. En l’occurrence, les produits destinés au roi. Ceux qui vendent ces produits en profitent car ils sont au début du processus.

 

C’est le principe de l’effet Cantillon. L’inflation n’est pas l’augmentation générale des prix. Les prix augmentent au point d’entrée de la monnaie. Il se produit une distorsion des prix. L’inflation se diffuse, mais elle ne devient pas forcément générale. Certains prix peuvent ne pas augmenter.

 

Aujourd’hui, ce sont les banques qui créent de la monnaie, par le crédit. La création monétaire est pilotée par les banques centrales. Cette création monétaire provoque de l’inflation, mais qui n’est pas forcément considéré comme telle par la plupart des économistes. En effet, quand il y a une augmentation des prix de l’immobilier, ou des actifs financiers, on perle de bulle : bulle immobilière, bulle boursière, etc. Mais pas d’inflation. Pour l’école autrichienne, c’est un effet de la création monétaire, et donc de l’inflation. Les prix augmente là où la monnaie est introduite.

 

Cet effet Cantillon est bien illustré par la crise de 2008. Les prix de l’immobilier ont considérablement augmenté, et tout le secteur est devenu hypertrophié. Or, c’est dans l’immobilier que s’est déversée la création monétaire, à travers le crédit immobilier. Par contre, l’inflation officielle restait mesurée. Mais elle ne prenait pas en compte la bulle immobilière.

 

Dans une conférence à l’Université d’automne en économie autrichienne, le professeur Guido Hulsmann fait un lien entre la création monétaire et les inégalités. Il souligne que les salaires dans la finance new-yorkaise sont très élevés. Or New York est le point d’entrée de la création monétaire de la banque centrale des USA. Elle y fait ses opérations de marchés. La création monétaire favorise aussi l’augmentation de la valeur des patrimoines, ce qui favorise aussi les riches. (Vous pouvez lire la conférence ici, ainsi qu’un article récent de Mark Thornton sur le même sujet ici.)

 

L’effet Cantillon souligne une fois encore le réalisme et la pertinence de l’école autrichienne. Réalisme, car elle colle avec la réalité. Pertinence, car elle est d’actualité, avec la politique monétaire menée par la Banque Centrale européenne et la Réserve Fédérale des USA.

 

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