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L'école autrichienne d'économie, la dynamique de l'économie.

BIDEN PLAN DE RELANCE

16 Mai 2021 , Rédigé par Le blog autrichien

Le plan de relance de Biden

 

Vive Joe Biden ! L’actuel président est porté au pinacle, c’est le nouveau héros de l’économie. Pour quelle raison ? Son méga plan de relance, basé sur de méga dépenses et des impôts. Politique keynésienne et redistribution, que demande le peuple ?

Ce qui se passe aujourd’hui aux Etats-Unis est intéressant du point de vue de l’étude de l’économie. Contrairement à l’école autrichienne, la plupart des économistes refusent la théorie pour se baser sur les études statistiques. L’économie est pour eux une science empirique et inductive, c’est-à-dire que l’on part de l’observation pour en induire un raisonnement, et non déductive comme l’école autrichienne, qui part de l’axiome de l’action et déduit ses conséquences. Mais, aujourd’hui, adoptons le point de vue empirique, pour comprendre les effets, mais aussi les raisons du plan de relance de Biden. Nous verrons que l’école autrichienne permet d’expliquer les ratés de ce plan. Mais, également, que les motivations n’en sont pas forcément économiques. Ce qui aboutira à une réflexion sur l’interventionnisme.

 

Les effets de la relance

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, deux idées se sont imposées aux Etats du monde occidental : le keynésianisme, et l’État providence. Ces deux idées sont complémentaires. Les keynésiens considèrent que verser de l’argent aux individus est à la fois une aide et un moyen de soutenir l’économie par la consommation. Donc, le plan de relance de Biden est à la fois une aide, et un moyen de relancer l’économie.

Cependant, ce n’est pas ce qui se produit. Les créations d’emplois sont étonnamment faibles. Les allocations très généreuses aux chômeurs sont mises en cause. Elles détourneraient les gens du travail. Après tout, on ne peut pas le leur reprocher. Sans qu’ils ne demandent rien, on leur verse de l’argent ! Pourquoi ne pas en profiter ?

Mais, évidemment, moins de travailleurs signifie moins de production, moins de produits et de services offerts. Nous voyons ici qu’une augmentation de la monnaie distribuée aux gens n’entraîne pas une hausse de la production, et donc plus d’emploi. Ce qui est logique si on en revient à la théorie économique, la vraie, pas celle basée sur des statistiques.

L’économie, comme nous l’avons déjà souligné par ailleurs, c’est l’échange. Si je sais fabriquer des pulls, je n’ai pas besoin de tous les pulls que je fabrique. Je vais donc chercher à les échanger contre quelque chose qui me sera plus utile. Des chaussettes, par exemple. Ou contre quelque chose qui me permettra d’acheter ce que je veux : de la monnaie. Si je suis fabricant de chaussettes, je n’ai pas besoin de toutes les chaussettes que je fabrique. Je vais chercher à les échanger contre quelque chose qui me sera plus utile. Un pull par exemple. Ou contre quelque chose qui me permettra d’acheter ce que je veux : de la monnaie.

Dans l’échange, chacun obtient plus qu’il n’abandonne, ce qu’on appelle aujourd’hui un jeu un somme positive. Surtout, l’économie, ce n’est pas l’offre ou la demande, c’est l’offre ET la demande. On en revient à la loi de Say : les produits s’échangent contre des produits. Distribuer de l’argent ne va pas relancer l’économie.

Ce qui explique les échecs du keynésianisme, et l’échec prévisible de la soi-disant théorie moderne de la monnaie, qui considère que pour atteindre la prospérité économique il suffit de créer et distribuer de la monnaie. On peut se demander par ailleurs comment on peut qualifier de moderne une idée aussi éculée.

 

L’inflation

Evidemment, on peut se féliciter d’un des effets de cette pénurie de main d’œuvre : certains salaires augmentent. Nous sommes dans un cercle vertueux : les allocations forcent les entreprises à augmenter les salaires, ce qui rend le travail plus rémunérateur, et vive le progrès social ! Sauf que si les salaires augmentent, il y a deux conséquences. D’abord, moins d’emplois, car toutes les entreprises n’ont pas la capacité de suivre cette augmentation. Ensuite, une augmentation des prix à la consommation. Et une augmentation sur des services normalement accessibles aux classes les moins riches. Si le prix du hamburger chez une chaîne comme Mac Donalds augmente, ce sont les classes populaires qui sont impactées et qui voient leur pouvoir d’achat diminuer. Les classes supérieures, de toutes façons, peuvent aller dans des restaurants qui pratiquent des prix suffisamment élevés pour plus rémunérer le personnel.

On peut en dire autant des impôts sur la production. Ils mettent une pression sur les coûts, qui n’incite pas à embaucher, car ces impôts viennent diminuer la valeur ajoutée, qui sert à payer les salariés. Et ils renchérissent les prix de vente.

La politique de Biden est une expérience grandeur nature, qui montre que se réalisent les conséquences prévues par l’application de la théorie économique. Evidemment, d’un point de vue social, si les impôts augmentent, on peut craindre que certains aient des difficultés à retrouver un emploi, comme on peut craindre que l’inflation touche le pouvoir d’achat des moins aisés. Mais, cela n’empêche pas la politique de Biden d’être encensée.

 

Pourquoi un plan de relance ?

L’observation de l’économie américaine amène à se poser cette question incongrue pour un keynésien : mais pourquoi un plan de relance ? L’économie des Etats-Unis va bien. Le Président Donald Trump a laissé une économie en excellente santé, avec un taux de chômage historiquement faible, et des gains salariaux pour les moins aisés. Aujourd’hui, d’ailleurs, les Etats qui ont bien géré la pandémie, c’est-à-dire qui ne se sont pas lancés dans un confinement forcené, connaissent des taux de chômage faibles (sans explosion des morts dus au virus chinois par rapport aux Etats qui ont pris des mesures extrêmes de confinement). Il n’y a pas de crise économique, juste un problème de gestion de la pandémie, et il suffit de copier les bonnes pratiques des Etats qui ont réussi à soutenir l’économie sans faire exploser le nombre de morts. Alors, pourquoi un plan de relance ?

Une réponse est la pandémie. Les Etats qui ont mal géré la pandémie, imposant un confinement destructeur économiquement et socialement, sans différence quant au nombre de victimes, sont des Etats démocrates, comme Biden. Le plan de relance est destiné à financer ces Etats. Evidemment, d’un point de vue éthique, c’est discutable, puisque les bons élèves financent les mauvais, qui ont largement eu le temps de changer de politique. Mais, ce qui est intéressant ici, c’est de voir que ce plan qui est officiellement destiné à relancer l’économie, et présenté comme tel, a peut-être d’autres objectifs. Nous entrons ici dans les relations entre politique et économie. Ce qui est présenté comme bénéfique économiquement peut avoir d’autres fins.

Ensuite, ce plan est présenté comme un plan de développement des infrastructures des Etats-Unis. Celles-ci sont en effet en mauvais état. Cependant, le plan étonne car il concernerait en fait assez peu les routes et les ponts. Il concernerait plus les infrastructures soi-disant écologiques.

Bref, sans aller plus loin, sous prétexte de relance, Biden cherche à financer des Etats de la même obédience que lui, et à faire avancer un agenda idéologique.

 

Economie, politique et idéologie

Ce qui est présenté comme un plan de relance n’en est pas forcément un. La politique répond à des impératifs de pouvoir, de clientélisme, d’imposition d’une idéologie. Les effets de la politique de Biden montrent son aberration en matière économique. Mais l’objectif n’est pas forcément économique.

 

 

 

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