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L'école autrichienne d'économie, la dynamique de l'économie.

L'économie, qu'est-ce que c'est?

15 Décembre 2018 , Rédigé par Le blog autrichien

L'économie qu'est-ce que c'est ?

 

L'économie, qu'est-ce que c'est ? Normalement, l'objet d'une science est bien précisé. Ainsi, la physique étudie les phénomènes physiques : pourquoi une pomme tombe-t-elle ? Le phénomène est précisément identifié. La science peut évoluer, et de nouveaux domaines apparaître. Mais, comme l'écrit Ludwig von Mises, ce sont des subdivisions du savoir qui deviennent autonomes :

 

Dans les deux cents dernières années, il est vrai, nombre de sciences nouvelles ont émergé des disciplines familières aux anciens Grecs. Toutefois, ce qui s'est produit là fut simplement que des parties du savoir, qui avaient déjà trouvé leur place dans le complexe du vieux système des connaissances, accédèrent à l'autonomie. Le champ d'étude devint plus nettement subdivisé et traité selon des méthodes nouvelles ; des provinces jusqu'alors inaperçues y furent découvertes, et l'on commença à voir les choses sous des aspects différentes de ceux perçus par les prédécesseurs. Le champ lui-même n'était pas élargi.(L'Action Humaine)

 

La particularité de l'économie est qu'il s'agit d'une science nouvelle, vraiment nouvelle, apparue vers le 18ème siècle, même si on en trouve des prémices plus tôt.

 

L'économie, une science nouvelle.

On peut faire remonter l'étude des phénomènes économiques à l'Antiquité, comme le fait Murray Rothbard. Certains auteurs se sont en effet intéressés aux phénomènes économiques, sans qu'on puisse les qualifier d'économistes. Mais c'est dans l'histoire moderne que s'est développe l'économie.

D'abord, à nouveau par des non économistes. Ce sont des théologiens, au 15ème siècle, que l'on désigne sous le nom de l'école de Salamanque, qui ont étudié les phénomènes économiques de leur époque.

Ce n'était pas des économistes non plus. Ce qui a fondé l'économie, c'est la découverte de régularités, comme l'écrit Ludwig von Mises :

 

Mais l'économie ouvrit à la science des hommes un domaine précédemment inaccessible et auquel on n'avait jamais pensé. La découverte d'une régularité dans la succession et l'interdépendance de phénomènes de marché allait au delà des limites du système traditionnel du savoir. Elle apportait un genre de connaissance qui ne pouvait être considéré comme relevant de la logique, des mathématiques, de la psychologie, de la physique, ni de la biologie. (L'action Humaine).

 

L'économie est ainsi une science nouvelle. Mais chaque économiste en avait sa définition.

 

Les définitions de l'économie.

Pour se faire une idée de la diversité des définitions de l'économie, on peut d'abord comparer les titres des deux premiers ouvrages officiellement considérés comme traitant de cette nouvelle matière.

D'abord, l'ouvrage de Richard Cantillon, Essai sur la nature du commerce en général. Cantillon met donc en exergue le commerce dans son titre. Adam Smith met lui la richesse en exergue, dans son ouvrage : Recherche sur les causes et la nature de la richesse des nations. Jean-Baptiste Say parle lui aussi de richesses dans le sous-titre de son traité d'économie politique : Simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent, et se consomment les richesses.

Cette revue des définitions ne peut se passer de celle de Lionel Robbins, communément admise :

L'économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre des fins et des moyens rares susceptibles d'être utilisés différemment. (Wikipedia)

 

La praxéologie

L'école autrichienne a défini l'économie de la manière la plus précise. On remarque au passage l'extrême rigueur de cette école : d'abord définir ce que l'on étudie. C'est Ludwig von Mises qui a posé les bases de la définition de l'économie.

Il constate d'abord que l'économie est composée des milliards de décisions prises par chacun des individus composant l'humanité. L'économie découle donc de l'action, de l'agir, des individus. Elle fait donc partie d'une science plus large, celle de l'agir humain. Que Mises baptise la praxéologie (même s'il ne revendique pas la paternité de ce mot). Il écrit :

 

Pendant longtemps, on ne s'est pas avisé du fait que le passage de la théorie classique de la valeur à la théorie subjectiviste de la valeur faisait bien davantage que de substituer une théorie plus satisfaisante de l'échange sur le marché, à une théorie qui était moins satisfaisante. La théorie générale du choix et de la préférence va loin au-delà de l'horizon qui cernait le champ des problèmes économiques, tel que l'avaient délimité les économistes depuis Cantillon, Hume et Adam Smith jusqu'à John Stuart Mill. C'est bien davantage qu'une simple théorie du « côté économique » des initiatives de l'homme, de ses efforts pour se procurer des choses utiles et accroître son bien-être matériel. C'est la science de tous les genres de l'agir humain. L'acte de choisir détermine toutes les décisions de l'homme. Et faisant son choix l'homme n'opte pas seulement pour les divers objets et services matériels. Toutes les valeurs humaines s'offrent à son option. Toutes les fins et tous les moyens, les

considérations tant matérielles que morales, le sublime et le vulgaire, le noble et l'ignoble, sont rangés en une série unique et soumis à une décision qui prend telle chose et en écarte telle autre. Rien de ce que les hommes souhaitent obtenir ou éviter ne reste en dehors de cet arrangement en une seule gamme de gradation et de préférence. La théorie moderne de la valeur recule l'horizon scientifique et élargit le champ des études économiques. Ainsi émerge de l'économie politique de l'école classique une théorie générale de l'agir humain, la praxéologie.

 

La catallactique

Au sein de l'agir humain, l'économie est la catallactique : la science de l'échange. Ludwig von Mises écrit :

La délimitation des problèmes catallactiques

Il n'y a jamais eu de doutes ni d'incertitudes quant au domaine de la science économique. Depuis le moment où les gens ont souhaité une étude systématique de l'économie ou économie politique, tous ont été d'accord que la mission de cette branche du savoir est d'étudier les phénomènes de marché ; c'est-à-dire, la détermination des taux d'échange mutuels des biens et services négociés sur les marchés, leur source dans l'agir de l'homme et leurs répercussions sur ses actions ultérieures. La complexité d'une définition précise du domaine de l'économie ne provient pas d'une incertitude quant à la sphère des phénomènes à étudier. Elle est due au fait que les efforts pour élucider les phénomènes en question doivent aller au-delà de la portée du marché et des transactions de marché. Afin de concevoir pleinement le marché, l'on est obligé d'étudier l'agir d'individus hypothétiquement isolés, d'une part ; et de comparer le système de marché avec une imaginaire société socialiste, d'autre part. En étudiant l'échange interpersonnel, l'on ne peut éviter de considérer l'échange autistique. Mais alors il n'est plus possible de définir de façon tranchée les frontières entre le genre d'actions qui est le champ propre de la science économique au sens étroit, et le reste de l'agir. L'économie élargit son horizon et se change en une science générale de toute et de chaque action de l'homme, elle devient praxéologie. La question qui se présente est celle du moyen de distinguer avec précision, à l'intérieur du domaine plus large de la praxéologie générale, un terrain plus restreint des problèmes spécifiquement économiques.

 

L'économie, à la base, c'est l'échange. C'est ce qu'il est important de comprendre.

 

L'échange inégal

C'est ce qu'on appelle aussi l'inégalité de l'échange. Inégalité ne signifiant pas inéquité. Simplement que l'objet de l'échange n'a pas la même valeur pour les deux parties. L'une des partie a plus besoin de l'objet de l'échange que l'autre. Dans le cadre d'un troc, chacune des partie préfère avoir l'objet de l'autre plutôt que celui dont elle se sépare. C'est l'inégalité de l'échange.

 

La loi de Say.

Cette notion de l'échange ramène à la loi de Say. Que dit cette loi ? Que les produits s'échangent contre des produits. Ce que l'on peut illustrer De la manière suivante.

Imaginons deux personnes, qui produisent chacune un produit, ou un service. Monsieur A fabrique le produit A, Madame B le produit B. Monsieur A échange un produit A contre un produit B avec madame B. Chacun en tire un bénéfice. Monsieur A a beaucoup de produits A, plus qu'il n'en aura jamais besoin. Par contre il n'a pas de produit B. Par conséquent il a plus besoin du produit B qu'il acquiert que du produit A qu'il échange. Et idem pour madame B, dont le produit A qu'elle acquiert a plus de valeur que le produit B dont elle se dessaisit. L'échange est positif pour chacun d'entre eux.

 

Introduisons maintenant l'échange indirect. Cela nécessite un bien intermédiaire. Imaginons que Monsieur A a besoin du produit B, mais madame B absolument pas du produit A. Monsieur A doit trouver un bien qui intéressera madame B. Or, un produit s'impose comme échangeable avec tout le monde. Ce produit finit par être considéré comme une monnaie. Historiquement, c'est l'or qui s'est imposé comme le produit universellement échangeable. Monsieur A cherche donc à échanger un produit A à quelqu'un en échange d'or. Puis, il échange l'or contre un produit de madame B. Madame B accepte l'or, car il lui permettra d'acheter un produit dont elle aura besoin ou envie à n'importe qui.

 

La loi de Say est critiquée car elle ne considérerait soi-disant qu'une économie de troc. Ou de monnaie or. Pourtant, on peut sans problème introduire la monnaie fiduciaire dans le raisonnement. Le mécanisme devient le suivant. Monsieur A va fournir un produit A à monsieur C. Celui-ci lui signe une reconnaissance de dette. Monsieur A va à la banque échanger la reconnaissance contre un billet de banque. Ou contre une augmentation de son compte en banque. Ce qui s'appelle l'escompte. D'où le nom ancien de comptoir d'escompte des banques. Avec son billet, monsieur A peut acheter un produit à madame B. Monsieur C va vendre à madame B un produit C. Il récupère le billet et solde sa dette à la banque.

 

On peut introduire également la monnaie crédit. Monsieur A emprunte de la monnaie à la banque. La banque lui fait donc crédit. Avec cette monnaie, il achète des produits. Il vend ses produits contre de la monnaie. Et rembourse son crédit avec l'argent gagné.

 

La loi de Say… Simple préambule !

Pour Ludwig von Mises, la loi de Say est un simple préambule :

Il est important de savoir que ce qu'on appelle la loi de Say était en premier lieu destiné à réfuter les doctrines populaires des périodes ayant précédé le développement économique en tant que branche de la connaissance humaine. Elle ne faisait pas partie intégrante de la nouvelle science de l'économie telles que l'enseignaient les économistes classiques. Elle était plutôt un prélude - un exposé et une réfutation des idées erronées et intenables qui troublaient les esprits et constituaient un obstacle sérieux à l'analyse raisonnable de la situation.

Le commentaire de von Mises est logique. Puisque l'économie, c'est l'échange, la loi de Say n'est qu'un préambule.

 

Les facteurs de production.

Quand on ouvre un manuel d'économie, on tombe souvent sur la notion de "facteurs de production". Il faut se souvenir que ce ne sont des facteurs de production que si la finalité est l'échange. Imaginons que vous ayez de la farine, de l'eau, du sel, tous les ingrédients pour faire du pain. Mais que vous ne sachiez pas faire du pain. Tous ces ingrédients ne vous serviraient à rien. Ils ne seraient pas des facteurs de production pour vous. Par contre, ils seraient des facteurs de productions pour qui sait faire du pain. Donc, vous pouvez les vendre à cette personne, dont la finalité est de transformer ces ingrédients en quelque chose d'échangeable.

L'économie, c'est l'échange. Une fois qu'on a compris ça, on a compris au moins 50 % de la théorie économique. Et si on ne l'a pas compris, on n'a rien compris. C'est pourquoi l'école autrichienne appelle l'économie la catallactique (on rencontre aussi le terme catallaxie), science de l'échange.

 

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