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L'école autrichienne d'économie, la dynamique de l'économie.

LUDWIG VON MISES : L'ACTION HUMAINE

4 Février 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Ludwig von Mises (1881 – 1973) est considéré par ses pairs comme l'auteur le plus important de l'école autrichienne d'économie. La fondation créée pour perpétuer et diffuser la tradition autrichienne a par exemple choisi de s'appeler le Mises Institute. Mises a marqué de son empreinte l'école autrichienne sur de multiples sujets. Il lui a donné son cadre d'analyse, qui est encore le sien aujourd'hui. Ce cadre, c'est l'action humaine, dont il a fait le titre de son magnus opus.

 

Mises écrit :

"Il n'y a jamais eu de doutes ni d'incertitudes quant au domaine de la science économique. Depuis le moment où les gens ont souhaité une étude systématique de l'économie ou économie politique, tous ont été d'accord que la mission de cette branche du savoir est d'étudier les phénomènes de marché ; c'est-à-dire, la détermination des taux d'échange mutuels des biens et services négociés sur les marchés, leur source dans l'agir de l'homme et leurs répercussions sur ses actions ultérieures. La complexité d'une définition précise du domaine de l'économie ne provient pas d'une incertitude quant à la sphère des phénomènes à étudier. Elle est due au fait que les efforts pour élucider les phénomènes en question doivent aller au-delà de la portée du marché et des transactions de marché."

(L'Action Humaine, p.271)

 

L'économie, c'est donc l'échange. L'école autrichienne a un nom spécifique d'ailleurs pour l'économie, que reprends Mises : la catallactique ou catallaxie. C'est la science des échanges, comme l'indique l'encyclopédie Wikibéral.

 

Les échanges sont le fait des individus. Ce sont des actions des individus. Par conséquent, l'étude de l'économie s'inscrit dans un domaine plus large : celui de l'action humaine. La science de l'action humaine est nommée praxéologie. Selon Mises, ce terme n'est pas de lui. Mais il en a défini l'acception dans le cadre de l'école autrichienne d'économie, ce qui lui confère la paternité de la science de l'action humaine.

 

La praxéologie, c'est l'être humain agissant. L'humain agit. C'est un axiome. Le simple fait de penser, d'écrire, de parler, est une action. L'individu agissant utilise des moyens en vue d'atteindre des fins. La praxéologie n'étudie pas les fins. Elle ne les définit pas. C'est l'individu qui les choisit. Pour les atteindre, il utilise des moyens. Si ces moyens sont rares, c'est le domaine de l'économie.

 

Mises souligne qu'il est difficile de définir précisément le domaine de l'économie :

 

" Le champ de la praxéologie – la théorie générale de l'agir humain – peut être défini et circonscrit avec précision. Les problèmes spécifiquement économiques, ceux de l'action économique au sens étroit, ne peuvent qu'en très gros être dissociés du corps complet de la théorie praxéologique."

(L'action humaine, p.273)

 

La praxéologie découle logiquement du subjectivisme de Carl Menger. La valeur d'un produit est subjective. Elle dépend complètement de chaque individu. Chaque individu a des objectifs différents. L’école autrichienne ne s’inscrit pas dans la maximisation de la théorie néoclassique. Les fins de l’individu lui sont propres. L’école autrichienne ne considère pas que chacun cherche à maximiser un profit. Chacun cherche à éviter une gène, mais la notion de gène est différente pour chaque individu.

 

L’évaluation de l’environnement, et de l’avenir, est également différente pour chaque individu. Chacun a ses informations. Toute information est évaluée et interprétée différemment par chaque individu. L'avenir est envisagé différemment par chaque individu. L'échange est action de plusieurs individus, en fonctions de leurs interprétations subjectives de différentes notions et informations, comme la valeur ou l'avenir. Par conséquent, l'économie est l'étude de la coordination des actions des individus.

 

"C'est pourquoi, la science économique, loin d'être un ensemble de théories sur le choix ou la décision, est, aux yeux de l'école autrichienne, un corpus théorique concernant les processus d'interaction sociale ; ceux-ci peuvent être plus ou moins coordonnés selon la perspicacité démontrée par les acteurs impliqués dans l'exercice de l'action entrepreneuriale."

Jesus Huerta de Soto, L'école autrichienne, marché et créativité entrepreneuriale.

 

L’école autrichienne étudie ainsi les interactions et la coordination entre les actions des individus. Ce qui la distingue des théories basées sur la notion d’équilibre, comme la théorie néoclassique de Jevons et de Walras, co-inventeurs reconnus avec Menger du marginalisme, ou comme la macroéconomie, keynésienne ou classique, qui est venue ensuite, et constitue le corpus dominant aujourd’hui. Ces théories considèrent une situation d’équilibre, c’est-à-dire le croisement d’une courbe d’offre et de demande. Et elles décrivent à quel niveau se croisent les courbes quand une variable évolue.

 

Par exemple, si le coût du travail change, à quel niveau d’emploi vont se croiser les courbes de l’offre et de la demande de travail, à quel niveau d’emploi il y aura équilibre entre l’offre et la demande. On déterminera un équilibre de sous emploi ou de plein emploi. Ou, si la TVA augmente le prix d’un produit, à quel niveau les courbes d’offre et de demande de ce produit vont se croiser. On déterminera ainsi l’effet de la TVA sur la demande. Derrière ces courbes, il y a des équations. L’équilibre dépend de variables quantitatives.

 

Il peut y avoir des différences méthodologiques entre les auteurs de l’école autrichienne d’économie. Mais tous se reconnaissent dans le cadre de l’action humaine défini par Ludwig von Mises. L’économie n’est pas selon l’école autrichienne l’étude de l’équilibre entre des variable quantitative, mais elle s’inscrit dans l’étude de l’action humaine.

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